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 Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]

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MessageSujet: Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]   Jeu 19 Juin - 3:14


Les montagnes imposaient leur prestance sur des lieux à la ronde. Le vent mordait les chairs des gens, arrachant des soupirs affligeants. Les hommes se promenaient en chevaux ou en calèches dans ces monts éloignés, bien que plusieurs aient peu de raisons de s’écarter tant de leurs villages sauf pour éviter toute agitation. Seules les âmes en peine se précipitaient en ces milieux divins pour se sustenter du calme de la forêt et des rochers, qui, en rois infortunés et bienfaiteurs, scrutaient ceux qui osaient s’attaquer à la tranquillité des montagnes.

L’homo sapiens est un être fourbe qui prend place dans des lieux discrets pour imposer sa loi. Mais pas Kan. Celui-ci avançait en ces endroits éloignés de toute vie pour exister dans la terreur des proies vis-à-vis de leur chasseur. Ceux qui boivent de cette atmosphère, seuls ceux-là sont des braves. Et l’homme aux cheveux bruns et au regard froid aimait ces choses que sont les animaux et les végétaux, vivant en harmonie délicieuse, mangeant en leur sein des desseins silencieux. Cette nourriture de l’âme lui permettait de mieux attendre les contextes favorables pour permettre de meilleures choses aux gens de sa nation, l'écartant un instant de l’agitation qui troublait ses pensées. Celles-ci étaient confrontées très souvent à une Haine moribonde, qui pouvait à tout instant lui faire perdre contenance.

Mais Kan était patient. Il le resterait infiniment. Soulageant sa peine de ne rien pouvoir faire contre le déshonneur qu’avec son frère, il osait peu aller en face de la médiocrité sauf en de rares occasions. Il était l’homme fier que plusieurs de ses compatriotes pensaient qu’il soit, à moins d'être englouti dans le tourbillon haineux, qui l’avait éduqué. Par la voie des Nishimura qu’on lui avait assignée dès son plus jeune âge, il vaincrait. Seulement, contrairement à plusieurs de son clan, il philosophait sur les raisons apportant sur ce monde la médiocrité des uns et les succès des autres. Afin d’évoluer positivement, il était nécessaire d’apprendre de ses confrères, quels qu’ils soient. Ennemis ou amis.

C’est pourquoi, en ces lieux, il avançait. Paisiblement, aux côtés d’une calèche. À l’intérieur de ce transport se trouvait son frère Kei, qui voulait se promener en cet endroit éloigné accompagné de Kan. En dépit des attentes des uns, Kei avait refusé de se présenter à une conférence à proximité vantant les mérites de l’entreprise familiale, pour mieux accepter les revendications des autres, souhaitant protéger des lieux majestueux qu'étaient ceux-ci. Elle était certes de moindre importance, mais aurait permis une meilleure visibilité dans les villages aux Nishimura. Cela aurait permis de faire fructifier les avoirs.

À de nombreuses reprises au cours des mois précédents, le paisible Nishimura avait été demandé afin de présenter ses vœux d'espoir pour Kiri souffrante, qui aidait en temps normal de nombreux petits villages à travers le continent. Il était respecté de ses concitoyens, qui le voyaient comme un homme de principe. Certains considéraient son entreprise comme une bouée à l’égard des villages en détresse. Cela permettait aux villages de garder une certaine stabilité, comme les emplois suffisaient à la demande et offraient des conditions de vie appréciables malgré les nombreux chamboulements politiques. Malgré les pertes, les Industries Nishimura étaient synonymes de sécurité et d’espérance.

En dépit de cette image idyllique, certaines choses lui apportaient l’aversion de nombreuses personnes pacifiques. Les Industries Nishimura produisaient des armes. Mais cela n’était pas suffisant pour amener les hommes plus vieux à le mépriser, malgré ses airs efféminés et sa bonté ostentatoire. Ceux ayant vécu pendant la Brume Sanglante l’appréciaient à sa mesure. Il était intelligent, mais frêle, abordant pathétiquement le problème des autres en le faisant sien.

Seule une personne comprenait ses attentions pour ses citoyens. Et c’était Kan. Et pour lui, il était prêt à annuler un rendez-vous à l’extérieur du pays et retarder la reconstruction des quartiers du village, si son frère lui demandait en apportant de bons arguments.

Et c’est pourquoi en ce jour Kan et Kei s’avançaient sur des lieux et des lieux, sans s’essouffler, profitant des montagnes et des forêts bien-aimées d’un pays étranger, pour apprivoiser l’esprit de l'autre, de ce jumeau dizygote inséparable. Éloigné de leur pays d’origine, ils avaient fait savoir leur présence. Loin de vouloir apporter la calomnie sur le village. L’un était dans une cage d’os où la haine est le seul objet qu’il possède dans cet endroit exigu. L’autre existait en pensant aux prochains jours, libre, paisible. La sienne avait été ouverte depuis des lustres. Béni soit le village! Il avait permis qu’il puisse vivre en communion avec ses principes, en dépit de ce frère qui, possédant la clé dans ses serres, n'ouvrait pas la serrure. Comme si les os suffisaient à l’homme pour se cacher de la perversion des humains.

En apaisant le frère torturé, il cultivait une fleur qui n’ouvrait ses pétales qu'à ceux qui le méritaient. C’est-à-dire peu de gens… Ainsi que ses épines étaient destinées aux hommes délétères, la flagrance se voulait rassurante pour ceux qu’il aimait, sans jamais l’avouer.

Ces deux êtres qui conduisaient la calèche étaient tous deux ninjas. Bien que n’ayant pas le même niveau que Kan, ils pouvaient protéger Kei. Et celui-ci, ancien ninja, avait été comparé il y a plusieurs années aux plus grands. Il saurait se défendre.

— Je vais y aller. Je reviens, dit Kan.

— Arrêtez les chevaux, s’écria une voix profonde aux deux conducteurs.

Les chevaux cessèrent de trotter, en ahanant après tout ce trajet.

— Que vas-tu faire mon frère? demanda un jeune homme en sortant d’une capote repliable.

Kei était de loin un homme splendide. Possédant des yeux bruns comme son frère, il avait des cheveux qui lui tombaient sur les épaules. Mais ce qui étonnait le plus, c’était son regard étincelant et la sagacité qu’on lisait dans ses pupilles. Contrairement à celui froid de son frère, un enthousiasme débordant se trouvait dans ce visage aux formes douces et efféminées.

— Je suis certain que je peux m’amuser. Il y a toujours quelqu’un de passablement idiot refusant d’aborder bienveillamment cet endroit.

— J’imagine que tu vas jouer un peu « à qui est le plus fort. » Ne t’amuse pas comme un imbécile, je t’en prie. J’aimerais que tu reviennes en un morceau.

— C’est une demande? Demanda Kan en sourcillant.

— Non, une exhortation si tu préfères. Ne fais pas de bêtises. Nous sommes éloignés de tout village. Je n’aimerais pas que tu sois blessé.

Kan accepta. Il fuit la présence pourtant rassurante de Kei. Celui-ci avait relâché un sauvage être dans la nature. Se déplaçant parmi les arbres qui se situaient sur les montagnes, il prit une dizaine de minutes pour trouver un emplacement lui convenant, où il pourrait se reposer allégrement. Il cessa brusquement de sauter entre les végétaux. Kei s’approchait lentement avec sa calèche au loin. Un froufroutement imprégna doucement son âme de médisances pour les calomnies produites par l’humanité. Un lilliputien harfang de glace, apparu à la suite d’une technique particulière de Kei il y a quelques heures, informait le Nishimura de la présence de quelqu’un. Cela suffit à piquer sa curiosité.

— Les hommes sont implacables avec la tranquillité naturelle. Il la dénature. L’écartèle. L’émiette. Mais je suis là pour rendre justice à l’impitoyabilité de ces lieux, songea Kan.

Sur ces dernières pensées, il suivit l’oiseau qui volait entre les arbres. Sautant de branche en branche, Kan cherchait des yeux la personne que le volatile avait aperçue et qui avait dû s’éloigner depuis le départ précipité de la créature de glace. Il devait connaître celui qui osait perpétrer des crimes contre la nature belle et imposante, mais fragile. Ses lieux avaient été sauvegardés depuis des générations. L’injuste devrait payer. S’il était un hors-la-loi, il rendrait service au pacte de Non-Agression conclu par les villages de premier plan.
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MessageSujet: Re: Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]   Ven 20 Juin - 8:42


Ce qu'un homme désir ! Un autre l'aura !


Ce que tout homme possède est en réalité ce qu’un autre pourrait souhaiter toute sa vie ! L’homme est impur par définition ! Il volera sans le vouloir, il détruira sans le savoir, aucun homme ne peut se targuer d’être parfait et celui qui dira le contraire se verra frappé du sceau du mensonge et de la mauvaise foi ! Pourquoi pensez-vous que quoiqu'il arrive l’humanité est voué à finir en enfer ? Mais trêve de philosophie triste et déprimante ! Ne sommes-nous pas humains ? N’avons-nous pas le droit à l’erreur ? N’essayons-nous pas de nous améliorer chaque jour, en aidant notre prochain de la façon qui nous semble la plus juste ? Pour ma part, j’ai trouvé ma rédemption pour toutes les âmes que j’ai tourmentées, pour tous les cœurs que j’ai brisés, je suis l’incarnation de l’imperfection et aujourd’hui je veux créer le bonheur d’un enfant que je pourrai même considérer comme mon fils. Un petit gamin nommé Yakomo, il est stupide, indiscipliné, mais il est aussi très observateur et aime se parfaire, s’entraîner et ne renonce jamais.

Ce petit homme était un utilisateur du Katon, l’art de maîtriser le feu, un élément destructeur, mais de toute beauté. Et aujourd’hui figurez-vous que c’était la journée où il avait le droit me montrer ses talents, il était fier de lui de l’entrainement qu’il se livrait en secret loin de mon regard pour m’épater. J’étais subjugué par se monter en puissance fulgurante, cependant, ce que j’ignorais encore à cet instant était que cette journée serait la dernière qu’il passerait sur cette terre.

Alors qu’il détruisait une forêt à lui tout seul en me montrant ses progrès, nous allions être interpellés par un Zetsu, l’une des créatures les plus répugnantes de l’histoire du monde Shinobi. À son arrivée, mon corps se mit à bouger de lui-même en direction de l’adversité, mais Yakomo me supplia de lui laisser l’honneur d’abattre son premier adversaire. Qui étais-je pour refuser cela à ce gamin ? À son âge j’étais encore là, à jouer avec mon frère loin des idées de guerre et de combat. Alors que lui avait été nourrit par toutes ces visions de chaos.
Ce que je n’avais pas prévu arriva et mon jeune ami fut transpercé. Alors que le corps d’un Zetsu est blanc, je le vis rouge, gorgé du sang de mon disciple et c’est là que je compris que celui que j’aimais tant n’était plus, mon corps se mit à bouger de lui-même une fois encore en direction de l’assassin de ma rédemption. J’étais un utilisateur du Kekkai Genkai « Futon » l’art de manier l’acide. Et c’est donc naturellement que je fis fondre la chose qui venait de briser tous mes rêves de bonheur, mais je le fis doucement qu’il hurle qu’il me supplie qu’il regrette et plus encore ! Qu’il souffre.

À l'instant où j’allais lui porter le coup de grâce les larmes aux yeux voyant mon petit disciple mort à côté de moi, je perçus l’arrivée de quelqu’un et d’un geste vif, je brisai la nuque du Zetsu me tournant alors en direction de l’inconnu en approche les larmes aux yeux une fois de plus. Et c’est le regard plein de haine et de tristesse que je me mis à prononcer quelque mot d’un ton glacial et cruel.

**Qui es-tu inconnu, montres-toi, ou prépares-toi ! Il n’est pas bon d’être ici en ce jour ! Sache que chacun de tes mots devra être prononcé avec soin ! je ne pardonnerai rien.






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MessageSujet: Re: Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]   Ven 27 Juin - 5:10


— As-tu la moindre idée d’où est arrivé cet homme et où il pourrait se trouver en ce moment même? demanda une voix douce, où les effluves des arbres apaisaient l’esprit de cet homme pourtant calme.

— Je n’ai pu le retrouver, déclara une autre grave, mais stoïque. Je n’ai pu trouver ses traces, ni de ceux qui pouvaient se trouver à ses côtés.

Kan et Kei étaient assis autour d’un feu de camp. Les ninjas qui les avaient suivis pendant tout le parcours restaient éloignés. Comme des sentinelles, ils attendaient la brebis déguisée pour camoufler ses intentions, cherchant à assaillir le marchand et son frère. Les Nishimura étaient poursuivis par le destin fatidique. Ils semblaient que chacun mourrait dans d’atroces souffrances. Et en ce lieu, le danger le plus probant était qu’un homme victime de l’acquisivité des malfaiteurs assaille le philanthrope Kei.

Mais rien ne se trouvait à l’horizon. Les conifères, qui, par millions dans ses forêts vierges, regardaient la compagnie, de leurs aiguilles se balançant au vent. Au nord, des montagnes au pic enneigé fixaient leurs yeux, après des millénaires de tremblements de terre, vers le ciel. Celui-ci s’obscurcissait à chaque instant déguerpissant, chacun de ceux-ci invisibles pour l’humanité insouciante des générations.

— Penses-tu le retrouver à la nuit tombée? demanda d’une voix étrangement basse le frère marchand.

— Non, je ne songe pas à le retrouver à ce moment de la journée. En cette nuit, il ne reste qu’à penser à notre petitesse dans ce monde absurde. Brusquer la nature, c’est tuer l’âme torturée se cachant en chacun de nous, mais que l’on traite comme un chien fidèle, mais pitoyable, le tuant à petit feu. Nous sommes faits d’eau, d’air, de terre et de feu. Nous devons prospérer en harmonie. Mais si la Sentinelle l’a aperçu, celui qui tuait le calme de la forêt… Alors je bannirai l’homme insouciant de ces lieux.

Kei soupira. Il regardait les yeux bruns impassibles de l’homme en face de lui, qui, nullement impressionné, suivait de ses pupilles les flammes. Il voyait bien que l’esprit de son frère était apaisé, mais cherchait des réponses qu’il ne pouvait obtenir présentement. En tant que simple marchand, il vivait cloitré seul dans des hauts lieux, victime prochaine du désespoir des hommes.

— J’espère que tu as des raisons de croire de telles choses. Je n’aimerais pas que les Industries Nishimura souffrent à la suite d’une de tes bêtises.

— Non, ce ne sera pas le cas. Il y a beaucoup de faits qui m’amènent à croire que ce n’est pas un simple passant. Et à ce titre, je dois faire attention pour que mes actions répondant à la violence ne soient pas une attaque à la beauté des lieux. Je suis au courant de la menace, je ferai attention.


— Par exemple?

— Il s’est enfui – ou a évité – de laisser des traces. Il a indubitablement de l’expérience. Il sait comment les hommes traquent leurs proies.


— Et alors? Je ne suis pas un shinobi avec de nombreuses missions à mon actif, mais je sais les bases. Elles sont accessibles à toute personne qui s’intéresse un tant soit peu aux arts ninjas, et non pas seulement aux étudiants d’une quelconque académie.

— Je le sais. J’ai d’autres raisons qui me poussent à considérer que cet homme est accompagné d’un Genin ou d’un Chunnin médiocre.

— Et pourquoi?

— Ce petit maîtriserait des techniques Katon… j’en ai eu un aperçu dans les bois. Des arbres calcinés, des bourrèlements sur des hectares de forêts... Enfin… Elles sont de faible niveau, mais le laps de temps entre chaque technique témoigne d'une volonté qu’auraient peu de simples villageois à un entrainement si essoufflant. Des gens prédestinés à être pêcheurs auraient d’autres activités. Dans ce cas précis, il semble que l’enfant… s’efforce d’impressionner une personne. Un précepteur j’imagine. Je dois trouver ces hommes qui brûlent inconsciemment des forêts vierges et cesser ce massacre. Un combat ne doit pas se produire ici. Cela détruirait la beauté immortelle des lieux ayant déjà souffert par cette ignominie.


Kei sourit.

— Je comprends. Tu as déduit cela en retraçant les hommes qui se trouvent dans ces lieux ?

— Oui. Mais ils sont futés. Ils se sont échappés. Ta Sentinelle et la mienne n’ont pu les poursuivre indéfiniment. Ils sont rapides, ils sont adroits, mais je les vaincrai absolument.


Kei bâilla. Il déclara en frottant ses yeux alourdis :

— Excuse-moi. Mais je suis fatigué. Je vais dormir. On en reparle demain. Gardiens, dit-il en se tournant vers les hommes à plusieurs dizaines de mètres de lui, qui, calmement, fixaient leur maître comme des chiens obéissants. Surveillez les alentours, je vous prie. Faites attention à ne pas offusquer la nature, continua-t-il en plaisantant, notre cher Kan n’apprécierait pas. Si vous avez besoin de sommeil, je vous permets de demander à mon frère de prendre votre place.

Alors que Kei s'endormait dans son sac de couchage, que les flammes léchaient le ciel comme des langues acides, Kan restait assis, comme une chouette, attendant que, prochainement, les réponses à ses questions surgissent de son âme fatiguée. Pourquoi un Genin voudrait-il autant impressionner un quelconque? Kan devait escomptant toujours et encore, comme un cheval harnaché par un maître impitoyable, l’apaisement de ses souffrances après avoir torturé longuement son esprit à chaque nuit.

Et alors que la pleine lune se levait à l’horizon, Kan ferma les yeux un instant, se rappelant l’innocence des jeux d’enfant, de la bonté qu’il avait désertée en jouvenceau, de ceux qui lui avaient renié ces félicités. Ils avaient permis à la fleur juvénile de perdre ses pétales, en laissant seulement d’arides épines, écorchant la chair des petits hommes. Avoir un disciple, alors que lui-même ne savait pas ce qu’était la douceur ? Ceux qui pouvaient apprendre avec lui n’étaient pas encore nés. Ils ne le seraient jamais.

[…]

Kan avançait dans la forêt, ses vêtements violacés soufflés par le vent. Ses yeux bruns fixaient l’immensité, luisant dans les ténèbres comme les pupilles du jaguar dans les latitudes tropicales. Progressant lentement, il prenait milles précautions, s’attendant à une attaque prochaine. Quel homme pouvait bien se trouver dans ces parages? Quel être infâme pouvait se promener dans ces endroits impitoyables?

— Ton oiseau a-t-il aperçu la personne que nous cherchions avant-hier? demanda Kei, s’éloignant de la calèche, gardée par les deux autres ninjas silencieux.

— Non. Je furète encore et toujours. Mais rien ne se trouve dans ces parages. Je n’entends que la stridulation des grignons.

Kei acquiesça.

— Je pense avoir une idée de ce qui se passe par ici.

— Que veux-tu dire ? demanda Kan.

— Il y a… des créatures qui se sont attaquées aux marchands dans ces coins reculés. Quels que soient nos étrangers, ils ne sont certainement pas au courant des menaces. Pour tout t’avouer, j’étais même stupéfait en entendant le Daimyo.

Kan arqua un sourcil, mordillant sa lèvre inférieure. Il fixa la forêt qui continuait sur des lieux et des lieux. Il voyait les épinettes se balançant au vent. Il apercevait, dans les sylves, des nids maintenant abandonnés de hiboux. Composés de brindilles, de plumes, ils étaient suspendus dans les branchages, vidés de l'énergie créatrice de vie.

— Explique-moi… marmonna Kan.

— Il y a un homme dangereux dans les forêts, qui se déplace aussi silencieusement qu’une ombre. Il se sustente de chair humaine. Je viens de trouver des carcasses dévorées partiellement par une chose qui n’est ni comme nous, ni animale. Les traces de dents sur ce qui reste m’informent qu’un danger imminent attend ici. La créature veut de la viande fraiche d’une autre nature de toute évidence. De l’humaine lui conviendra… Elle a faim. Elle va assaillir nos hommes, si l'on ne les avertit pas.

Peinte de bleu et de blanc, les couleurs du clan Nishimura, la calèche attendait. Les deux ninjas qui les accompagnaient s’improvisaient éclaireurs quelques instants en cherchant la chose non naturelle se trouvant dans les parages. Kan fixait le ciel, se demandant si, bientôt, ils pourraient retrouver les perturbateurs du système écologique.

Pourtant, au plus profond de lui, il entendait le jaguar soupirer de lassitude par le peu de considération qu’ont les hommes pour la toute belle nature. Devraient-ils empêcher la chose artificielle de s’étendre sur les lieux, plutôt qu’empêcher des hommes certes inconscients de brusquer l’harmonie, mais qui sont des êtres qui font ce que la plupart font, c’est-à-dire tuer la vie?

Sous les yeux impassibles de Kei, Kan fit des mudras. Un nuage apparut soudainement au-dessus de lui, de couleur crayeuse. Son chakra ruissela dans cet amas blanchâtre, jusqu’à ce que celui-ci devienne harfang. Enfin l’oiseau s’envola dans les cieux, scrutant de ses yeux immenses les lointains.

— Que fais-tu? demanda Kei stoïque.

— Je vais retrouver nos déserteurs. Ils sont sûrement près d’ici. Je ne veux pas les rater.

— Penses-tu empêcher la créature de déguster de la chair humaine?

— Tu le verras. Suis-moi. On poursuit le chemin ensemble. Laisse ces deux soldats derrière-nous, nous devons poursuivre seuls.


— D’accord, mon frère, dit Kei en disant rapidement les intentions de son jumeau aux ninjas.

Lorsque cela fut fait, ils partirent à point dans ces forêts intouchées par des générations d’hommes et de femmes.

[…]

Des heures durant, aucune parole ne fut prononcée. L’oiseau avait une longueur d’avance sur eux, volant aristocratiquement, fouettant l’air de ses ailes blanches telle l’écume s’écoulant dans les parois des montagnes. Enfin, ils arrivèrent à un chemin de terre, sur lequel les traces de chevaux remontaient à des années lointaines. À quelques mètres des deux frères, le sentier se séparait en deux, un allant à gauche, un autre  se dirigeant à droite en incurvant. Ils se turent.

Aucun son sauf celui produit par leur respiration ne s’entendait aux alentours. On ne voyait que des arbres, mais les animaux invisibles devaient pourtant rappeler leur présence aux passants en des temps plus doux. Mais les bruissements d’aile, les croassements, les hurlements ou tous les cris des bêtes étaient assourdis par une menace plus profonde encore. Comme la machine tapisse d’ensanglantées traces la terre arabe, empêchant toutes pousses de végéter, la nature haletait sous les coups de l’Artificialité.

— Il est là? demanda Kei.

— Oui. Il n’y a aucun bruit ici, contrairement aux autres lieux que nous avons traversés.


Un éclair blanc éclaboussa de sa présence les alentours, à la cime des arbres. Comme des cristaux lumineux, le plumage de la bête avertissait Kan que ceux qu'il cherchait se trouvait là.

— Ils sont exactement ici, dit Kan.

Sans laisser entrevoir à son frère davantage d’émotions, il s’élança à la chasse, de branche en branche, d’arbre en arbre, comme des singes adroits.

Sans se départir de son calme, il s’approchait avec vélocité, accompagné de son frère.

Mais alors… une chose qui stupéfia Kan réussit à dominer ses fougues. Une créature au visage blanc, au corps déformé par la honte d’être né sous de mauvais augures se déplaçait rapidement. Un être au sourire atrocement oblique s’approchait du lieu, où devaient être présents les hommes que poursuivaient Kan et Kei depuis bientôt plusieurs jours. Mais ce sont surtout les yeux démoniaques, comme figés dans la pierre, qui exacerbèrent la crainte de Kan. Il se questionnait. Était-ce possible qu'enfin la bêtise ait accédé à des niveaux aussi gargantuesques? L’inhumain eût-il vraiment atteint des proportions infâmes pour produire un être… une chose, que la nature n’avait pu offrir d’une enveloppe charnelle indigne de celles que destinait habituellement la nature à ses enfants?

— Mais… c’est un chérubin qui est là… sous ses… s’apitoya Kei, retenant des larmes.

Kan descendit de son perchoir. À genoux, il regarda la scène qui se déroulait sous ses yeux, avec le silence de la panthère devant son petit déjeuner.

Pourtant, ils devaient être à dizaines de mètres. Mais la bête, comme assoiffé de souffrances, s’abreuvait à même un enfant. Kan en déduisit que l’être enveloppé d’hémoglobine était le composeur du drame que sont ces arbres enfumés parsemés dans les forêts. Un autre homme, apitoyé, le dos courbé, regardant le visage de ce… fils? Apprenti? Il ne sut le dire. Le sang s’écoulait dans les cheveux et la figure du petit garçon empêchant Kan de distinguer des traits qui puissent se retrouver chez l'inconnu.

Le soldat était faible. Il savait reconnaitre l'infériorité en l’homme. Son cœur de glace ne produisait que des battements gais pour la nature, mais pas pour l’humanité si inexpiable.

Kan ne ressentait aucune émotion. Il était seulement dubitatif, songeant que si c’était là un ninja, il avait la puissance d’un clou et la grâce du moustique. Quant à Kei, il était médusé par la présence d’un être si juvénile retournant lentement dans la terre, comme toutes les créatures, ne laissant que des os, qui deviendraient eux-mêmes poussière au fil des années. Pour Kan, la majesté de la mort était essentielle à toute vie. Et à ce titre, le faible devait prospérer avec les vers et les microbes dans les souterrains, bonifiant l’écosystème pendant des générations.

Il se releva, enchanté par sa découverte, fermant les yeux alors que les paroles pleines de haine de son camarade s’épuisaient graduellement dans une course effrénée pour recouvrer la Médiocrité abasourdie.

— Qui es-tu inconnu, montres-toi, ou prépares-toi! Il n’est pas bon d’être ici en ce jour! Sache que chacun de tes mots devra être prononcé avec soin! je ne pardonnerai rien.

— Ne me parle pas sur ce ton, petit! grinça Kan. Cette forêt ne t’appartient pas. Tu ne devais pas t’y promener sans avoir une idée ce qu’il en coûte aux hommes obtus ne prenant pas en compte la nature. Si ton camarade est mort, ce n’est pas moi que tu dois insulter, mais toi-même pour n’avoir pu tenir en estime cet environnement sage. La chose que tu as attaquée n’est pas humaine, ni animale, elle est artificielle. À ce titre, elle est création de l’homme. Et ce sont des écervelés de ton genre qui abrutissent la nature en introduisant des ignominies! Assaille la victime, elle riposte en laissant les vomissures poursuivre les inconscients du danger!

— Kan! cria Kei. Mais tu es fou! Tu sais que cet homme vient de perdre un être cher ? Tu pourrais tout de même montrer plus de pitié pour lui!

— Même si c’était toi qui décèderait, cela ne me ferait rien. Je te l’ai déjà certifié. Tu es de Kiri n’est-ce pas? Continua Kan en fixant le jeune homme. Pauvre fou ! Je reconnais ton visage, pour l’avoir vu il y a quelques mois dans des troupes qui n’ont guère mon estime. Pourquoi un Kirijin si impétueux s'est-il déplacé jusqu'ici? Sais-tu que la nation est en danger? Qu’un homme ne doit pas voyager stupidement ?

- Kan, je ne pense pas qu'il soit prêt à recevoir…

- Sans de bonnes raisons, un mâle ne doit passe trouver en des lieux si éloignés de sa patrie au risque de ternir la réputation de ses compagnons. Un impubère ? Voilà la raison d’un départ si absurde?

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Dernière édition par Kan Nishimura le Sam 12 Juil - 2:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]   Mer 2 Juil - 14:18


Cette volonté est mienne !


Cet homme était-il fou ? Ou simplement dénué d’intelligence ? Chaque mot qu’il prit la peine de dire fut entendu et pris en compte. Cependant ce demeuré en face de moi n’était pas humain, sa façon de se comporter, de parler et s’il disait vrai sa simple existence n’était pas naturel. Comment quelqu’un pouvait-il se comporter ainsi devant la dépouille d’un enfant. Un simple petit homme avide de grandeur et de devenir une légende. Pouvait-on en vouloir à un gamin de rêver, quel que soit le rêve d’un homme il est à respecter, Bien que comme le dit Kan la nature ne m’appartenait pas, elle n’était pas non plus sienne, ni celle de qui que ce soit sur cette terre et je ne me fis pas prier pour le lui dire.

** Tu parles beaucoup pour ne rien dire à mon goût, tu parles d’appartenance, mais toi que fais-tu ici ? As-tu plus de raison que moi de voyager ? As-tu plus le droit de marcher en ce lieu que moi ? Il ne fait pas bon de faire la moral à autrui sans mesurer la porter des mots employés. Cette enfant est mort témoigne lui du respect. Je ne demande pas de pitié, ni d’hypocrisie mais le respect pour un gosse encore inconscient des choses qui l’entourent.

Marquant une pause pour déposer sur mon disciple une couverture blanche, je pris le temps de fermer ses yeux auparavant. Après tout il était mon fils, non pas biologique mais, il était mon fils tout de même et sa mort m’affectait bien plus qu’il n’y paraissait. Je me devais d’être fort, non pas pour moi-même mais pour lui. Malgré sa triste disparition j’étais celui qu’il avait choisi pour modèle et à ce titre même mort je devais lui rendre honneur. Ma voie se fit douce mais particulièrement déterminée.

** Tu parles aussi d’insulte, à cet instant, je n’en ai prononcé aucune, Tu dis m’avoir déjà vu dans un groupe de Shinobi et bien laisse-moi te dire que cela est tout simplement impossible, Le mizukage lui-même me demande d’agir seul ou en très petit comité du nombre d’un ou deux membres au grand maximum. Tu parles sans savoir, tu dis des choses sans même prendre le temps de les vérifier et après tu te permets d’être irrespectueux envers la jeunesse encore pure. Il ne fait aucun doute que tu es bien plus impétueux et imbu de ta personne que ne le fut cette enfant à mon chevet.

Quittant alors Kan du regard pour me tourner à nouveau vers le défunt Ibuki, je pris la peine de le soulever ancré sur de solide appuis pour le saisir très fermement dans mes bras, il était l’heure de l’amener au village. D’y faire un rapport sur la réapparition des Zetsu blancs et ainsi de prévenir le monde que toute menace n’était pas écartée.
Alors que j’étais là en train de réfléchir aux mots que j’allais employer auprès du Kage, mon regard se porta à nouveau vers l’homme présent face à moi mais cette fois ma voie se fit dure et laisserai entendre à Kan que ni lui ni personne ne l’arrêterai.

** Si tu comptes d’opposer à moi, fais le mais fais-le en sachant une chose, Je ne suis pas le flocon de Kiri que tu as croisé avec d’autres hommes, je suis le Cadavre de Kiri qui agit seul. Je n’ai pas peur de la mort, je la respecte plus que je respecte ta vie, en revanche il est l’heure pour moi de me rendre dans mon village, alors tu as deux options qui s’offrent à toi.

Regardant le corps sans vie d’Ibuki je repris calmement.

** Celui de m’empêcher de passer et alors un combat s’en suivra, ou bien de poursuivre cette discussion sur le chemin. Je ne pense pas que tu sois homme à créer de réel soucis, mais quoi qu’il en soit, soit certains que je ne m’arrêterai pas pour toi. J’ai plus important à réaliser en ce jour que de discuter et laisser passer une chance de stopper une nouvelle guerre.

Mon chakra était condensé et la pression qu’il exerçait tout autour d’Ibuki et moi était perceptible même pour un Shinobi qui n’était pas sensoriel. Cette condensation n’avait pas pour but de faire peur, mais en revanche elle transmettait à mes opposants ma détermination d’amener le petit chez les siens. Pour pouvoir être enterré dignement, avec les honneurs qui lui étaient dus. A cet instant il n’y avait rien qui pourrait se mettre en travers de ma route et certainement pas un shinobi ne se présentant pas et une tiers personne en faisant de même. Bien que les deux hommes semblent aux antipodes, ils étaient semblables en bien des choses. Leurs physiques étaient similaires, leurs façons de se tenir, l’aura qu’ils dégageaient était elle aussi semblable. Il ne faisait aucun doute qu’un lien de parenté les unissait. Et C’est pour cette raison que ma prochaine phrase allait être beaucoup plus symbolique.

** Tout homme que tu es, tout homme que tu souhaites être, les liens du sang sont fort, mais, lorsqu’un homme est choisi par une force inconnue pour devenir ta raison de vivre apparait, il devient tout aussi important que ce lien sanguin. Toi qui t’aventure ici avec un membre de ta famille, comprend qu’en ce jour c’est mon fils que je dois enterrer et comprends que tu n’auras pas la force de m’en empêcher.

Cette volonté qui était mienne en ce jour n’avais pas été ressenti depuis la quatrième grande guerre, en effet la mort de mes autres proches avaient éveillé en moi une force que j’ignorais celle de vaincre toute personne présente face à moi, j’avais même été en mesure de terrasser des réincarnés à moi seul. Cette volonté qui m’habitait aujourd’hui était bien plus forte encore que durant cette bataille épic. Elle pourrait briser absolument toute chose. Et cet personne face à moi n’était pas une exeption.



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MessageSujet: Re: Sous le couvert des arbres [Avec Hatano Shinki] [FB]   Sam 12 Juil - 2:49


— Tout homme que tu es, tout homme que tu souhaites être, les liens du sang sont fort, mais, lorsqu’un homme est choisi par une force inconnue pour devenir ta raison de vivre apparait, il devient tout aussi important que ce lien sanguin. Toi qui t’aventure ici avec un membre de ta famille, comprend qu’en ce jour c’est mon fils que je dois enterrer et comprends que tu n’auras pas la force de m’en empêcher.

Kan ferma les yeux. Kei, derrière lui, ne bougeait pas. Les vêtements de Kan se mouvaient dans le vent. Le harfang des neiges les regardait sournoisement, attendant que son invocateur fasse une action. Suspendu à une branche, il restait attentif, alors que l’insufflation de chakra permettait à la créature de glace d'être de marbre devant l’individu, qui, pleurant, cherchait vraisemblablement à contenir une rage absurde galopant dans son corps. Comme un cheval éperdu dans la poursuite d’un rêve, le Kirijin pourchassait la vie derrière la mort insondable. Mais rien ne semblait lui convenir.

C’était du moins les pensées de Kan, lorsqu’il se détourna comme une toupie tourbillonnant brusquement sur le sol, fracassant les cailloux à son passage inopportun. Kei lança une œillade confuse à son frère, se demandant ce qu’il comptait faire. Il ne s’attendait pas à un tel retournement de situation. La Voix du Silence avait commis non pas un impair, mais bien une action gonflée de la considération. Le jeune marchand aux cheveux ébène était muet d'appréhension. Il attendait la prochaine intervention de son frère, précipité dans une descente d’une gigantesque montagne qu’est la Pitié, la Commisération, la Bonté… mais peut-être était-ce simplement la Stupidité?

— Je ne suis pas assez inintelligent pour attaquer un semblable sans que nulle raison n’entache sa crédibilité sauf la médiocrité. Tu apportes d'approuvables arguments, il va sans dire. Crois-moi, un homme faible pense toujours que les autres considèrent son invidualité comme importante… et il s’avère qu’un être versant des larmes peut être aussi fort qu’une tierce personne, à moins qu’il ne prouve son altérabilité en lançant son disciple ou son frère aller à la chasse sans qu'il puisse tenir un arc et qu’ensuite, le maitre pleure comme une petite fille. La différence est fondamentale. Tu ne l’as peut-être pas compris… Cet homme qui est avec moi est bien évidemment de mon sang, comme tu l’as remarqué, mais contrairement à toi, je informé fort bien qu’il sait confronter, sagace, les problèmes. S’il meurt, ce sera sa faute… et ce sera avec bravoure. Je n’aurai pas à verser des larmes.

— Kan… je ne peux pas croire que tu dis une telle chose de… marmonna un Kei souriant. C'est vraiment gentil... Je suis fier que tu me considères comme ton…

— Ferme la Kei. Vois-tu, ce n’est pas la mort qui est décevante, mais tes actes qui doivent être méprisés. Si tu savais qu’un tel être allait à son terme, tu aurais l’amabilité de ne pas pleurer sur son sort, mais être fier de ce qu’il a accompli. Mais de toute évidence, ce n’est pas le cas en ce moment… car il n’avait rien prouvé encore. En tant que maitre, tu aurais dû reconnaitre son inexpérience et ne pas l’envoyer à la mort. Il est vrai que je ne punis aucunement les pleurs, parce que tout militaire doit larmoyer sur ses camarades décédés au combat. Mais en ce moment, ce n’est pas un soldat que je vois, mais une femme devant son nourrisson mort-né.

— Kan… pouvons-nous partir? Je pense qu’il pourrait en avoir d’autres…

— Je ne te combattrai pas. Je ne livre pas bataille aux hommes apercevant le trépas d’un être cher. C’est la médiocre situation que j’exècre. En tant que Cadavre de Kiri, tu devrais au moins te conformer à l’image que tu veuilles donner à la population? Finalement, je ne suis pas ici pour t’assaillir de méprises, seulement prédire que bientôt, tu seras châtié, car l’homme est sans pitié. Si cet enfant est si important et que tu en avais la responsabilité, tu aurais dû mieux reconnaitre la faiblesse sous l’Innocence juvénile, mais il s’avère que ce n’est pas le cas.

— Kan, il a posé…

— Je le sais fort bien Kei. Une seule chose : Je peux te suivre si tu le désires. Il y a des êtres fourbes qui se cachent dans ces contrées et qui versent leur venin sur le territoire fabuleux. Je suis ici que pour châtier les injustes. Je peux te suivre et t’apporter une aide précieuse. En dépit de toutes les actions faibles que j’ai pu apercevoir, je considère qu’un soldat, quel qu’il soit, mérite qu’on présente son chagrin en emportant celui-ci dans un lieu convenable. Une forêt étrangère à sa nation n’est pas l’endroit préférable pour qu’un individu pourrisse et revienne à la terre si chère. Il vaut mieux atteindre un emplacement où son âme pourra rejoindre ses frères. Et a ce titre, je peux t'appuyer dans ta funéraire chose. Tu n'es pas un danger pour moi, mais ces créatures le sont. Si tu refuses, je partirai, te laissant t’émouvoir de la funèbre nouvelle. Je ne suis ici que pour une seule chose et je la ferai avec toi, ou sans toi.

Kan fit un signe de la main à Kei, et ensuite ils se mouvèrent vers les profondeurs de la forêt, attentifs à leur environnement.
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